Les quatre majeurs

Grand Chelem 2026 : Australian, Roland-Garros, Wimbledon, US Open

Quatre tournois, quatre surfaces (en quelque sorte), quatre ambiances. Les Grand Chelem rythment la saison de tennis depuis plus d'un siècle. Voici tout ce qu'il faut savoir sur l'édition 2026.

Australian Open 2026

18 janv. – 1 février

Melbourne Park, Melbourne, Australie. Surface : Dur (GreenSet)

L'Australian Open ouvre la saison du Grand Chelem dans des conditions souvent extrêmes — chaleur sèche, parfois plus de 40 degrés sur le court. Les organisateurs ont introduit depuis quelques années une politique de chaleur stricte, avec interruption des matchs au-delà d'un certain seuil. Le tournoi se joue sur trois courts couverts (Rod Laver Arena, Margaret Court Arena, John Cain Arena) et un grand nombre de courts annexes.

Particularité : la surface en dur australienne est généralement considérée comme légèrement plus lente que celle de New York. Elle rebondit haut, ce qui favorise les joueurs au lift puissant et au jeu de fond solide. Sinner, Djokovic, Świątek, Sabalenka — les patrons du circuit y ont, en règle générale, leurs marques.

Anecdote pour les amateurs d'histoire : Roy Emerson y a remporté le tournoi six fois entre 1961 et 1967. Personne n'a fait mieux sur cette surface, malgré toutes les années écoulées.

Roland-Garros 2026

24 mai – 7 juin

Stade Roland-Garros, Paris, France. Surface : Terre battue

Les Internationaux de France ne se résument pas à un Grand Chelem. C'est, avec la Tour Eiffel, l'un des rares événements sportifs qui appartiennent à l'imaginaire mondial — la terre ocre de la Porte d'Auteuil, le Central qui s'enflamme à la fin d'un cinquième set, le toit rétractable du Court Philippe-Chatrier inauguré il y a peu, l'odeur des marronniers en fleur qui flotte autour des courts annexes. Roland-Garros, c'est un tout.

Sportivement, c'est le tournoi le plus exigeant physiquement du circuit. La terre battue ralentit la balle, allonge les échanges, transforme chaque match en bataille d'usure. Les meilleurs joueurs sur cette surface sont ceux qui combinent endurance, lift et patience tactique. Rafael Nadal, recordman absolu avec quatorze titres, l'a répété pendant deux décennies. Aujourd'hui, c'est Carlos Alcaraz qui tient le rôle de favori italien revenu, dans un tableau plus ouvert que jamais côté hommes. Côté dames, Iga Świątek a fait du Court Philippe-Chatrier sa résidence secondaire.

À noter pour 2026 : la session nocturne reste l'un des sujets de discussion récurrents. Programmer un seul match en soirée a ses partisans (le spectacle, l'ambiance unique) et ses détracteurs (manque d'opportunités pour les joueuses). Le débat n'est pas tranché.

Wimbledon 2026

29 juin – 12 juillet

All England Lawn Tennis Club, Londres, Royaume-Uni. Surface : Gazon

Wimbledon, c'est l'aristocratie du tennis. Les fraises à la crème, le code vestimentaire blanc imposé aux joueurs, le silence quasi religieux sur le Centre Court, le toit en aluminium qui glisse en quelques minutes quand la pluie anglaise s'invite. Tout est codifié, et c'est ce qui fait le charme du tournoi.

Sur le plan tactique, le gazon impose un tennis spécifique : rebond bas, glissades, importance accrue du service et du retour, échanges plus courts. Les serveurs-volleyeurs, espèce devenue rare, y trouvent encore une dernière occasion de briller. Mais depuis une bonne quinzaine d'années, ce sont les joueurs de fond de court — Djokovic, Federer, Murray puis Alcaraz — qui dominent. Le gazon a évolué, l'herbe est plus dense, le rebond moins capricieux qu'autrefois.

Petite anecdote : pendant les deux premières journées du tournoi, on assiste traditionnellement aux matchs des têtes de série dans les courts les plus prestigieux. Le « Manic Monday » de la deuxième semaine, où tous les huitièmes de finale se disputaient le même jour, a malheureusement disparu avec la nouvelle programmation, mais l'expression continue de résonner chez les vieux fans.

US Open 2026

31 août – 13 septembre

USTA Billie Jean King National Tennis Center, New York, États-Unis. Surface : Dur (DecoTurf / Laykold)

Si Wimbledon est l'aristocratie, l'US Open est l'arène. Le bruit, la foule, la session nocturne sous les projecteurs, les avions qui passent au-dessus de l'Arthur Ashe Stadium parce que le toit est ouvert et que LaGuardia est juste à côté. C'est le Grand Chelem le plus américain dans tout ce qu'il a de plus assumé : show, énergie, accent décomplexé sur le divertissement.

Sportivement, la surface est rapide, le rebond moyen, et la fatigue accumulée après la tournée nord-américaine pèse sur les corps. Les outsiders s'y illustrent souvent — Marin Čilić en 2014, Daniil Medvedev en 2021, Coco Gauff en 2023. L'US Open récompense ceux qui savent jouer dans le bruit.

Ajoutez à cela la session de soirée la plus spectaculaire du circuit : 23 700 spectateurs sous les projecteurs, l'ambiance d'un concert plutôt que d'un match de tennis. Pour beaucoup de joueurs, c'est l'expérience absolue.

Pourquoi les Grand Chelem comptent autant

Sur les quatre Grand Chelem, un joueur peut empocher jusqu'à 8000 points ATP, contre 1000 sur un Masters et 250 sur un… ATP 250. La hiérarchie est claire. Dans les statistiques de carrière, on ne compte pas les Masters de la même manière que les Slams — c'est presque deux palmarès distincts.

D'un point de vue analytique, les Grand Chelem se distinguent aussi par leur format en cinq sets (chez les hommes). Cela favorise les joueurs au physique d'acier, ceux qui peuvent tenir trois ou quatre matchs à plus de quatre heures. Le format en deux sets gagnants chez les femmes change la donne : moins de marge pour revenir, davantage de matchs serrés terminés au tie-break.

Le palmarès récent

Sur la période 2020–2025, le palmarès du tennis masculin a été dominé par Djokovic, Nadal, Alcaraz et Sinner. La passation de pouvoir entre la génération des trois grands (Federer-Nadal-Djokovic) et celle d'Alcaraz-Sinner s'est faite progressivement, avec un Slam alterné entre les deux jeunes générations à partir de 2024. Côté femmes, la décennie 2020 a vu se succéder Barty, Świątek, Sabalenka, Krejčíková et Rybakina, avec une ouverture plus marquée que sur le circuit masculin.

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